Notre spectacle inspiré de Loïe Fuller

par | Oct 4, 2019 | Actualités, Échasses ''Follow Fuller'' | 0 commentaires

Qui est Loïe Fuller inspirant notre création ?

Loïe Fuller est une danseuse américaine de la ­fin du XIXe siècle, pionnière de la danse moderne. Ses recherches avant-gardistes sur la lumière, la couleur et le mouvement et son imagination créatrice suscitent une révolution dans les arts scéniques de son époque.

Elle est célèbre pour ses pièces résultant de la combinaison de mouvements de voiles de soie blanc qu’elle faisait tournoyer dans l’air dans ses chorégraphies, et des rayons lumineux utilisés comme un matériau métaphorique.

Par sa liberté d’invention, elle est la première à réaliser des scénographies modernes incluant la lumière comme un élément majeur de la représentation.

Tout en utilisant le progrès technologique en matière d’éclairage et de projection en couleur, la danse de Loïe Fuller exalte la nature et la spiritualité. Sa gestuelle ondoyante rappellent le vol des papillons, l’éclosion des fleurs ou encore l’ondulation du serpent.
Sa première chorégraphie, la Danse serpentine, créée à New York en 1892, connaît un immense succès, souvent imitée.

Engagée aux Folies Bergère à Paris. son spectacle y joue un rôle central pendant une dizaine d’années. Elle devient l’une des artistes les plus importantes et influentes du monde du spectacle.

Initiatrice d’une nouvelle esthétique, elle est plébiscitée dans les milieux littéraires et artistiques issus du symbolisme et de l’impressionnisme.
Symbole d’un profond rapprochement entre beaux-arts et arts décoratifs, elle fut la muse de l’Art Nouveau.

Au tournant du siècle, elle incarne l’éternel féminin et elle réussit à susciter l’admiration de tous les publics par son art démocratique.

Comment notre spectacle revisite l’univers de Loie Fuller ?

   >>> INTERVIEW de Magali Espitalier, directrice artistique de la Cie

“L’univers artistique de Loïe Fuller était multiple; elle n’était pas simplement une danseuse.
De la même manière, nous nous sommes lancés le défi de le revisiter en mettant en valeur plusieurs aspects : à la fois via le choix des costumes, le propos artistique centré sur les projections lumineuses avec des contrastes de couleurs et une mise en scène chorégraphique très aérienne.

Cela a amené une démarche de recherche et de création très riche.

Il y a eu une étroite collaboration de toute l’équipe artistique entre le vidéaste, la costumière, la chorégraphe et les danseuses.

Pour la partie vidéo projetée sur les costumes, notre ambition a été de rendre vivant l’esprit ”nature” de Loïe Fuller, en créant des séquences oniriques qui évoquent l’univers en mouvement : les nébuleuses, les galaxies; puis la terre vue du ciel, les éléments qui la constituent, jusqu’à l’intimité du cœur des fleurs qui est en soi un nouvel univers. L’idée a été de mettre en avant le mouvement perpétuel depuis l’immensité jusqu’à l’infiniment petit.

Notre envie a été de repenser son univers dans les moindres détails !

Pour rendre le mouvement plus graphique, nous avons, par exemple, fait appel à une artiste peintre qui a travaillé dans le style ”Art Nouveau”.
Elle a peint les costumes de soie à la main, en créant une identité particulière pour chacun d’eux. Ceux sont de véritable ”costumes-bijoux” uniques et précieux. Nous avons eu le même processus pour les coiffes des danseuses travaillées d’ornements.

Nous avons structuré la chorégraphie à partir de la création d’un ”vocabulaire chorégraphique”. Une vingtaine de mouvements ont ainsi été créés et nommés, avec lesquels nous avons composé le spectacle. Pour donner un exemple, ”l’Envol” désigne une séquence d’ondulations et de cascades de mouvements.

Notre challenge a été de revisiter la danse de Loïe Fuller en intégrant en plus la spécificité de notre Compagnie : la déambulation sur échasses.

Les chorégraphies étant un peu plus limitées sur échasses, nous nous sommes amusés à recréer l’essence de ses danses avec une simplification et plus d’amplitude données aux mouvements.
Ceci a été un véritable tour d’illusionniste.

Nos recherches chorégraphiques nous ont amenées à observer que la lenteur des mouvements était l’une des clés pour laisser l’air porter le voile de soie. Après plusieurs essais, le choix de costumes en pure soie a été évident pour obtenir plus de légèreté et de pureté dans les danses.

Comme c’était le cas pour les performances de Loïe Fuller, ce spectacle demande un effort physique important des danseuses qui restent pendant plus d’une heure bras en l’air et en mouvement !
Notre souhait a été de minimiser au maximum cet effort aux yeux du public pour mettre en avant les effets spectaculaires et poétiques du spectacle.”

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